Jusqu’à présent, policiers et gendarmes conduisaient les voitures-radars banalisées équipées de flashs infrarouges indétectables. Mais leur privatisation sera effective en janvier 2017.

Les raisons de cette privatisation

La première raison de cette mesure est la rentabilité. En effet, chaque véhicule banalisé, qu’il s’agisse d’une Renault Mégane, d’une Peugeot 208 ou 308, d’une Dacia Sandero Stepway ou encore d’une Citroën Berlingo, coûte 70.000 €, prix initial auquel s’ajoute 18.000 euros par an pour l’entretien, et ce, alors qu’il ne circule que 1h13 par jour ; l’objectif du gouvernement est de multiplier par trois ou quatre le temps de sortie de ces voitures. En outre, la flotte va s’accroître d’ici 2018, passant de 319 véhicules à 440. D’autre part, la privatisation des radars embarqués permettra aux policiers et aux gendarmes jusque là affectés à ces tâches d’être redéployés sur des missions considérées comme étant plus prioritaires, comme les contrôles de stupéfiants ou d’alcoolémie. En effet, actuellement, ils sont deux par véhicule, un au volant et l’autre qui grâce à une tablette indique la vitesse maximale autorisée sur la section surveillée.

Une privatisation qui ne s’étend pas aux contrôles de vitesse

Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière a précisé dans une interview au Parisien d’avril 2016 que cette externalisation concerne uniquement « l’action de bouger la voiture » ; un cahier des charges sera dressé, et le chauffeur recevra ses ordres des pouvoirs publics, qui lui diront par où il doit passer. Il assure que tout sera contrôlé « dans le cadre d’un marché public ». Quant aux voitures, elles resteront la propriété de l’État et seront stockées dans les locaux de la police et de la gendarmerie quand elles ne rouleront pas. Il soutient en outre que la rémunération des prestataires agréés sera « fixe », et non indexée sur le nombre d’amendes données. D’autre part, comme aujourd’hui, la voiture se contentera de procéder au contrôle, tandis que le flash continuera à être analysé par un officier de police judiciaire basé au centre de traitement automatisé des infractions, à Rennes.

Une mesure contestée par les automobilistes

Mais cette privatisation n’est pas du goût des automobilistes. Selon une enquête d’opinion réalisée du 22 au 24 mars 2016 par Harris Interactive pour 40 Millions d’automobilistes, 83 % des Français interrogés estiment que ce serait une « mauvaise chose de confier la gestion des radars mobiles à des sociétés privées », et 76% pensent que cette mesure est avant tout une démarche financière qui a pour objectif d’accroître le montant des contraventions collectées par l’État. Selon Pierre Chasseray, le délégué général de l’association provoitures, il s’agit d’un « système impitoyable », dont le seul objectif sera « le profit sur le dos des conducteurs ». Car cette mesure va mécaniquement augmenter le nombre de PV, puisque l’utilisation de ces voitures radars sera accrue.